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Utilisée par les maîtres-charpentiers scandinaves depuis plusieurs siècles, cette méthode fut éloquemment introduite au Canada lors de la construction du manoir de Montebello. La technique traditionnelle utilise le compas pour tracer les profils successifs des arbres couchés. L'évidage de la partie supérieure en forme de croc, vous assure un ajustement à la fois parfait et étanche.

Chaque longueur s'emboîte l'une dans l'autre, avec des encoches renversées aux billes qui se croisent et se prolongent à l'extérieur créant ainsi cette forme si caractéristique. Bloquée à tous les coins, s'incrustant sur elle-même par la pression de sa propre masse, la maison de bois rond scandinave présente toutes les qualités de solidité, de robustesse et de force issues des arbres majestueux qui servent à l'assembler. L'utilisation du bouvetage latéral et le fait de tenir compte du processus d'affaissement lors du séchage des billes, sont les deux principales caractéristiques qui différencient notre technique de celle utilisée par nos pères dans la construction de chantiers (camps) pour bûcherons. Auparavant, lors de la construction d'une habitation en bois rond, on emboîtait les billots seulement dans les coins. Le long de la bille, on laissait le moins d'espace possible que l'on remplissait d'étoupe (chanvre et créosote). Les billots séchaient, le diamètre de chacun diminuait et l'étoupe se relâchait. Il fallait la remettre en place et colmater de nouveau avec le coin de bois et le maillet, outils traditionnels de la marine...

Après quelques années de cette expérience, la pose d'un crépis sonnait une période de relâche. Mais le bois demeure une matière en quelque sorte vivante, qui change de volume, gagnant de l'humidité et la perdant au gré des saisons. Alors le crépis craque et à nouveau l'air et l'eau s'infiltrent ! Et si par malchance pendant ce temps, les billots que l'on avait utilisés avaient tendance à vriller ou à se torde latéralement, rien ne pouvait empêcher la structure du toit de suivre les affaissements. Afin de remédier à cet état de chose et assurer au bâtiment la solidité, l'étanchéité, la stabilité, la longévité, et son isolation des éléments, il faut une technique paradoxalement plus ancienne que celle que nos pères ont pu connaître. Cette technique scandinave consiste à bouveter le billot non seulement dans ses coins mais également sur toute sa longueur. Cette technique a fait indéniablement ses preuves au cours des ans. On retrouve de multiples constructions de ce type dans les pays scandinaves dont certaines remontent au 16ième siècle ! Comment accomplir ce travail avec précision et obtenir un produit fini de haute qualité lorsque l'on sait que nos billots ne sont pas usinés, mais bien écorcés à la main avec toutes les bosses, noeuds et autres imperfections.

Puisque le bois s'affaisse en séchant, tout le carré d'une structure de bois rond descend et diminue en hauteur. On calcule que le rétrécissement est de l'ordre de 3/4 de pouce au pied (1cm sur 30 cm) pendant la période de stabilisation qui peut durer de trois (3) à cinq ans (5). Prenons l'exemple d'un plancher d'étage que l'on voudrait stabiliser à huit (8) pieds de hauteur, (2.5m). Nous allons anticiper l'affaissement de 6 pouces (8 fois 3/4 de pouces) et placer nos solives à 8 pieds 6 pouces. Mais dans le bois rond, un plafond habituel de 8 pieds provoque un effet de lourdeur. Nous construisons donc pour que les solives de l'étage se situent de 9 à 10 pieds (2,10 à 3 m) de hauteur. Nos pères avaient également développé une grande confiance aux clous. Or en clouant les cadres de portes et les fenêtres directement dans les billots du carré, on pouvait arrêter le processus d'affaissement. Retenus par ces clous, les billots s'immobilisent au cadrage alors qu'ils s'affaissent aux coins. L'effet est désastreux, des jours apparaissent qui vont s'accentuer au séchage. 

 
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